Protection et accès sécuritaire à des moyens de subsistance durables pour les femmes et les filles affectées par la crise humanitaire dans l’État de Borno au Nigéria.

Contexte

Dans le nord-est du Nigéria, la crise provoquée par Boko Haram a fait des milliers de victimes et a créé un déplacement massif de civils vers des contrées plus sûres. En 2018, 7,7 millions de personnes sont en besoin d’assistance humanitaire et 3 millions d’entre eux vivent dans un état d’insécurité alimentaire. Majoritairement des agriculteurs et éleveurs, ces déplacés vivent en état de vulnérabilité et de précarité grave, sont entassés dans des camps et n’ont plus accès à leurs terres ou à leurs bêtes.

Parmi les autres défis auxquels font face les déplacés, l’accès aux combustibles de cuisson est un problème majeur. L’accès aux forêts et à la campagne, où les femmes et les filles vont traditionnellement se procurer du bois de chauffe pour la cuisson, est impossible, car le danger d’y être agressée, enlevée ou tuée par Boko Haram est trop important. Sans accès sécuritaire à ces zones et sans les moyens de s’acheter des combustibles, les déplacées sont contraintes à adopter des stratégies de survie négatives, portant atteinte à leur dignité humaine ou à leur santé; certaines femmes décident de s’y aventurer malgré les risques, d’autres sont contraintes à mendier, à recourir au sexe de survie, ou encore à utiliser de la bouse de vache fraiche ou des sacs de plastique pour faire cuire leurs aliments.

L’intervention de L’ŒUVRE LÉGER au Nigéria est le second effort de L’ŒUVRE LÉGER dans la région du Bassin du Lac Tchad, complémentant ainsi la Réponse d’urgence intégrée pour les populations vulnérables, déplacées et locales, affectées par la crise dans l’Extrême-Nord du Cameroun et financé par Affaires mondiales Canada.

Notre projet

Avec notre partenaire nigérian, le Gender Equality, Peace and Development Centre (GEPaDC), L’ŒUVRE LÉGER propose une solution sécuritaire et innovante à ces enjeux : la formation de femmes en la fabrication de briquettes fabriquées à partir de biomasse végétale recueillie dans les camps. Ces briquettes sont un carburant alternatif plus efficace et qui comporte moins de dangers, car elles peuvent être fabriquées et vendues à l’intérieur des camps dans un environnement sécuritaire. La vente de briquettes est aussi jumelée à la distribution de poêles de cuisson améliorés, qui économiseront encore plus le combustible utilisé.

Les femmes qui seront formées retrouveront également une indépendance économique par la vente de ces briquettes qui, à leur tour, offrira une alternative sécuritaire et abordables aux membres de leur communauté, et particulièrement aux personnes les plus vulnérables. De plus, les centres de fabrication de briquettes deviendront des espaces sûrs pour les femmes, où des formations de sensibilisation et de prévention de la violence domestique seront données. Un autre volet du projet visera les hommes de la communauté, afin de les sensibiliser aux enjeux de genre et à former des alliés qui chercheront activement à changer les attitudes qui sous-tendent l’inégalité des genres et la violence basée sur le genre.

Ce projet pilote commencera dans deux camps de personnes déplacées dans la ville principale de Maiduguri. L’expérience acquise par L’ŒUVRE LÉGER et son partenaire pourra ensuite être répliquée à de multiples camps se trouvant également à l’extérieur de la ville et touchant un plus grand nombre de personnes vulnérables et affectées par la crise.

Notre partenaire

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